"déjudaïser" Israël, c'est à dire de l'islamiser...

Publié le par elie

PAR Michel Gurfinkiel                                                                                      Mardi 20 novembre 2007


Aujourd’hui, Erekat prépare la conférence d’Annapolis au nom de Mahmoud Abbas et de son nouveau premier ministre, le libéral Salem al-Fayed. Le 13 novembre, il a fait savoir que les Palestiniens ne signeraient aucun accord avec Israël tant que celui-ci se définirait comme un « Etat juif », dans la mesure où « la religion et la politique doivent être séparées ». Pour un représentant de l’Autorité palestinienne, où l’islam est la religion officielle, ce n’est pas trop mal. Pour un négociateur mandaté par une entité membre de la Ligue arabe, dont vingt-et-un membres sur vingt-deux se définissent comme « islamiques », ce n’est pas mal non plus.

Dis-moi quel ambassadeur tu m’envoies, et je te dirai quelle paix tu me proposes. Si Abbas – et al-Fayed – se font représenter par Erekat en 2007, et si celui-ci tient de tels propos, cela signifie quelque chose. Exiger d’Israël qu’il renonce à son identité juive, c’est formuler en fait deux nouvelles revendications, activables dès la signature éventuelle d’un traité de paix :

1. Un Israël qui ne serait plus défini comme « juif » devrait abolir la Loi du Retour, qui permet à tous les Juifs du monde, et même aux non-juifs pouvant établir une ascendance juive partielle, d’y immigrer ou d’y bénéficier d’un asile.

2. Un Israël « déjudaïsé » devrait accéder à toutes les revendications de sa minorité arabe et se transformer en Etat binational judéo-arabe. Les Palestiniens disposeraient ainsi de leur Etat proprement dit, régi par la chariah, et d’un Etat bis, une sorte de second Liban où une laïcité de façade couvrirait une islamisation rampante.

Revendications habiles. La faiblesse idéologique structurelle dont Israël fait preuve face au nationalisme palestinien,  depuis la « révolution constitutionnelle » de 1992 – qui a placé la Cour suprême au dessus du parlement -  et les accords d'Oslo de 1993,  a favorisé l’émergence d’un formidable mouvement sécessionniste chez tous les Arabes israéliens : en Galilée, à Gaza, dans le Néguev, chez les paysans sunnites, mais aussi chez les Bédouins et même les Druzes, jusqu’ici plutôt fidèles à l’Etat. Près de 20 % de la population israélienne aujourd’hui, 25 % demain. Il n’y a guère que les Arabes chrétiens, à faible démographie et peu à peu instruits par le sort de leurs frères du Liban et de Cisjordanie, pour adopter un profil plus bas dans cette affaire.

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