Jours "J" reste plus que 50 juifs au Kosovo.

Publié le par mai_si

La différence entre les albanais musulmans d´avant 1945 et ceux d´aprés, c ´est qu´il n´y avait pas encore eu la déclaration de l´indépendance de l´état d´Israël ni l' Arabie saoudite qui financait la montée de l'antisémitisme islamique.
 
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Quel avenir pour les Juifs du Kosovo ?
par Shraga Blum
mardi 19 février 2008 - 20:55

 

Alors que le Kosovo s'apprête à commencer une nouvelle page de son histoire, la petite communauté juive locale se pose des questions quant à son avenir dans cette région. En prévision de la fête officielle d'indépendance de l'ancienne province serbe, les drapeaux rouges frappés d'un aigle noir, symbole de l'Albanie musulmane, fleurissent un peu partout.

Il reste une cinquantaine de Juifs en tout, appartenant à trois clans, qui vivent majoritairement dans la petite ville de Prizren, cité typique de l'ère post-communiste.

Ines Quono, 28 ans, étudiante et mère de famille, fait partie de la petite communauté juive du Kosovo. Elle fait part de l'incertitude quant à l'avenir de la population en général, et de celle des Juifs en particulier.

"Le chômage atteint ici les 50%, et le revenu moyen est de 350$. On ne sait pas comment les choses vont tourner maintenant". La famille Quono, originaire des communautés d'Espagne ayant fui vers les Balkans, "imagine son avenir en Israël ou dans le Sud de l'Europe"

La population du Kosovo est composée à 90% d'Albanais et 10% de Serbes. Les Juifs de Prizren ont observé de "l'extérieur" le conflit qui a opposé durant des années, les Albanais du Kosovo à la Serbie, mais maintenant que cette province a déclaré son indépendance, les Juifs autochtones sont pessimistes.

Lorsque la guerre civile a commencé, les Juifs de la capitale Pristina, on fui vers la Serbie, dont ils partagent la langue et la culture; mais les Juifs de Prizren, albaophones et turcophones, ont préféré rester sur place. A l'image de Votim Demiri, le père d'Ines Quono, qui avait acquis une position sociale convenable sous le régime communiste. "Mais maintenant, ça change" avoue-t-il. "Jusqu'il y peu, il n'y avait pas d'antisémitisme ici, car l'Islam y était modéré. Mais maintenant, avec l'aide financière massive de l'Arabie saoudite, l'influence wahabbite se fait de plus en plus sentir, et les journaux locaux commencent à décrire les Juifs de manière négative" regrette Votim.

Les Juifs locaux sont soutenus par des organismes comme le Joint Jewish Distribution Committee, qui leur procurent des services sociaux, de l'emploi et leur apporte ce qu'il faut pour célébrer les fêtes juives. pour Robert Djerassi, responsable du Joint, "on sent de plus en plus la mainmise de la majorité Albanaise, qui agit de manière quasi-maffieuse en favorisant uniquement leurs proches et leurs familles dans les postes publics. Le résultat est que 90% des Juifs de Prizren sont maintenant au chômage" Le Joint organise des réunions, des cours et des ateliers afin de pousser les Juifs de se lancer dans des métiers plus indépendants, leur proposant même une aide financière.

Mais le pessimisme règne dans cette petite communauté, qui en plus, a du mal à établir des contacts avec des communautés plus importantes de la région, comme celle de Skopje (Macédoine) ou Belgrade (Serbie), car les enfants ne parlent pas le Serbe.

Votim Demiri décrit également une vie spirituelle très rudimentaire, due en grande partie à la "grande lessive" communiste, et pense que ses enfants vont émigrer vers Israël. Lui-même affirme y penser depuis huit ans. Il montre avec émotion une photo jaunie, présentant sa maman serrant la main de Shimon Pères. "Elle avait choisi l'alyah, dès la fin de la Deuxième guerre mondiale, mais nous ses enfants, étions idéalistes, et voulions construire une société socialiste au coeur de l'Europe. Nous étions Yougoslaves jusqu'au bout de ongles"

Une autre de ses filles, Teuta, 22 ans, vient de passer une année dans un Kibboutz. Mais comme son frère, elle craint d'avoir du mal à trouver un emploi en Israël.

Cette petite communauté se trouve à une croisée des chemins très difficile: d'un côté une vie économique et sociale de plus en plus difficile, rajouté à une montée de l'antisémitisme islamique, et de l'autre, la difficulté d'entrevoir une avenir ailleurs, pour des raisons d'âge, de santé, de formation professionnelle ou de culture. Par ailleurs, certains ayant contracté des mariages mixtes, rencontrent des difficultés auprès de l'Agence juive, qui affirme cependant vouloir étudier chaque cas.

Comme d'habitude, les événements et transformations politiques qui touchent un pays, ont toujours des répercussions directes sur les Juifs locaux, aussi peu nombreux soient-ils. 

source: Arouts7

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