Les palestinistes des thérapeutes de "Shoah"

Publié le par mai_si

Israël n´est pas une réparation de la "shoah" mais une réparation de ce qu´il leur revient de droit. Israël n´a pas été offerte sur un plateau, aprés plusieurs siècles d´exil et de perilleux voyages les juifs d´israël ont reconquis leur monde natal par la force. À conquérant, conquérant et demi.

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David André Belhassen  - Resiliencetv.fr
 
 
Le journal La Croix a publié récemment un article intitulé : « Un Arabe israélien à Téhéran pour contrer les négationnistes de la Shoah ».
Cet article étant à la base de la présente analyse, le voici tel quel : « Un Arabe israélien doit se rendre à la "conférence internationale" sur la Shoah qui s'ouvre lundi à Téhéran afin de faire entendre une voix discordante parmi ceux qui appellent à nier l'existence ou l'ampleur du génocide nazi ».
 
Khaled Kassab Mahamid, un avocat de 44 ans, est persuadé que la reconnaissance de la Shoah par les Palestiniens est le passage incontournable pour permettre de mettre fin au conflit israélo-palestinien.
« J'ai des idées sur la manière de parvenir à la paix (entre Israël et les Palestiniens) en quelques mois. Il n'y a rien de plus puissant que l'Holocauste pour amener la paix », estime-t-il.
« La négation de l'Holocauste par les musulmans justifie la négation des droits du peuple palestinien. Je veux dire aux Palestiniens qu'ils doivent le reconnaître », ajoute-t-il.
M. Mahamid a consacré au souvenir de la Shoah une partie de son bureau à Nazareth, principale ville arabe d'Israël et capitale de la Galilée. Des rangées de photos en noir et blanc sont accrochées aux murs, reproductions de clichés montrant le massacre des six millions de juifs par les nazis durant la Seconde guerre mondiale.
 
M. Mahamid a inauguré ce musée en mars 2005, avec des photos achetées au Mémorial Yad Vashem de Jérusalem sur la Shoah, dont il a ensuite traduit les légendes en arabe.
Comme tous les Palestiniens, la famille de M. Mahamid a subi les conséquences de la création d'Israël en 1948 suivie de la première guerre israélo-arabe, que les Palestiniens appellent « Nakba » ("Catastrophe").
Des millions d'entre eux ont alors été dépossédés de leurs terres et transformés en réfugiés. Durant cette guerre, le père de M. Mahamid a été contraint de quitter son village d'Ilajoun, en Galilée, dont il ne reste aujourd'hui que des ruines.
 
Dans son bureau, il y a un drapeau palestinien et des affiches montrant des clefs rouillées, symboles de la dépossession, avec ces mots : « restitution (...) ou retour ».
« Les Palestiniens parlent toujours de la Nakba et des injustices. Le plus souvent, les Arabes ne sont pas du tout informés sur l'Holocauste. S'ils réfléchissaient au traumatisme juif, ils réaliseraient que la violence ne fait que leur porter préjudice ».
M. Mahamid reconnaît que la plupart des Palestiniens ont jusqu'à présent ignoré son initiative. Les écoles arabes rechignent à organiser des visites guidées à son musée, et la plupart des députés arabes de la Knesset refusent de commenter ses idées.
Lui aussi prudent, le Mémorial Yad Vashem a indiqué dans un communiqué que le musée de M. Mahamid « devrait être mieux organisé et plus cohérent », et que « la Shoah ne doit pas servir des fins politiques ».
 
L'avocat hausse les épaules lorsqu'on lui demande s'il craint d'être accueilli fraîchement dimanche à Téhéran, voire d'être arrêté en Iran ou à son retour en Israël, deux pays qui sont des ennemis jurés.
« Les six millions de victimes juives de la Shoah sont comme un joug pesant sur les épaules des Palestiniens, dit-il, et les appels à la destruction d'Israël ou à la négation de l'Holocauste ne font qu'accroître les souffrances de notre peuple ».
 
« L'appel Shoufani »
 
En réalité, les idées présentées ici par Mr Mahamid ne sont rien d'autre que le plagiat de la thèse développée il y a déjà quatre ans par Mr Emile Shoufani (1).
Dans son « appel », Emile Shoufani, un israélien arabophone membre du clergé melkite (chrétien grec orthodoxe) s'est insurgé contre la position arabe face à la Shoah jugée foncièrement incohérente. Il ne comprend pas comment Hitler peut être glorifié pour sa volonté de massacrer tous les juifs, et que la propagande antisémite nazie soit transposée au contexte antisioniste (2).
 
Prenant même le contre-pied à Mahmoud Abbas (3), l'initiative de Shoufani ne tient pas à minimiser l’ampleur de la Shoah pour ébranler la légitimité d’Israël.
Bien au contraire, Shoufani veille à sensibiliser le monde arabe au drame que représente la Shoah pour les israéliens, notamment en organisant des visites d’Auschwitz communes à des lycéens israéliens et ‘palestiniens’.
Dans son appel, Shoufani défend l’idée qu’un des obstacles majeurs à l’émergence de la paix au Moyen Orient est justement l’ignorance, chez les arabes, de l’impact central de la Shoah sur la création et le caractère de l’état d’Israël.
A priori, cette initiative est à saluer. En fait, elle est remarquable par son degré de machiavélisme.
Voici pourquoi :
 
Les fondements de la stratégie shoufaniste : Les palestiniens = « ultimes victimes »
 
A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, s’est formulée une condamnation générale de la Shoah.
Cela a représenté au départ un problème épineux pour la propagande palestiniste. Elle ne pouvait gagner la faveur de l’opinion mondiale sans développer une parade. Mais cela était particulièrement ardu.
En effet, les fondateurs du palestinisme affichaient des positions pro-nazies très prononcées.
Amin el Husseini, l’autorité suprême du CMS, se présentait comme un ami personnel d’Hitler. Il intercéda plus d’une fois auprès de lui afin d’appliquer au plus vite la « solution finale » aux juifs vivant au Proche Orient (4).
Certes, une telle position n’était pas exceptionnelle, puisque le monde arabo-musulman dans sa totalité se rangeait alors dans le camp nazi (les musulmans arabes, bosniaques et kossovars volontairement engagés dans le camp nazi comptaient parmi les plus cruels tortionnaires des camps d’extermination).
 
Les historiens palestinistes tentèrent bien au départ de jeter un flou sur les évidences historiques compromettantes, en s'attachant à blanchir le passé des pères fondateurs du mouvement (5), ou même de nier en bloc leur participation active au génocide.
Puis ils la justifièrent en tant qu’expression d’une volonté de se défaire d’un occupant en guerre avec les nazis.
Dans ce cas, le soutien aux nazis ne serait rien d’autre qu’un acte tactique, le même qui poussa les finnois à s’allier aux nazis afin de se défaire de la domination soviétique.
 
Mais il est difficile alors de comprendre pourquoi en Syrie ou en Afrique du Nord, les populations arabo-musulmanes, sous occupation du régime de Vichy, se rangèrent elles aussi dans le camps nazi.
Selon la logique en question, ces populations auraient dû apporter leur soutien aux alliés, ce qu’ils n’ont pas fait.
En réalité, l’allégeance arabo-musulmane aux nazis était bien une alliance tactique. Mais elle n’était pas motivée par une logique de libération nationale, mais de conquête.
Pour les arabo-musulmans, les nazis combattaient le judaïsme par extermination et le christianisme par éradication.
En faisant un tel vide, ils préparaient le terrain à une extension de la conquête arabo-musulmane. C’est pourquoi ils soutinrent de façon inconditionnelle le nazisme.
Mais si les nazis avaient fini par gagner la guerre, l’alliance tactique se serait métamorphosée en guerre ouverte, à moins que les nazis n’aient développé leur propre syncrétisme avec l’Islam.
 
Plus tard, la propagande palestiniste affina la parade en dénonçant « l'antisémitisme des nazis ».
Comme le terme ‘sémite’, tel qu’il est abusivement utilisé, inclut les arabes, il n’était pas très difficile d’affirmer que « juifs et arabes » furent communément victimes de ‘l’antisémitisme nazi’, et ce au nom même de la définition du terme.
 
Parfois, le hasard des circonstances vint aussi en aide à la diffusion de cette propagande.
En effet, certains rescapés des camps de la mort utilisèrent le terme de « muselmi » (musulman, en allemand) pour nommer certains de leurs frères de malheur. Affaiblis par la faim, ces détenus squelettiques des camps de concentration devenaient hagards. Couverts de la seule chose qui leur était accordé, un morceau de toile nouée sur la tête et leur retombant sur les épaules, ces hommes silencieux et aux mouvements lents avaient l’allure de fantômes.
Les nazis ont fait l’analogie entre leurs victimes et les pèlerins musulmans se rendant à la Mecque habillés d’un drap blanc non cousu. Dans leur extase, ces pèlerins avaient eux aussi des mouvements lents et solennels, du moins dans les reportages filmés que les nazis pouvaient voir à cette époque.
 
C’est pour railler leurs victimes que les nazis les nommèrent par ce sobriquet (6).
Ces victimes étaient bien entendu des juifs, parce que les seuls musulmans que les camps comptaient étaient des tortionnaires bosniaques. Et ce n’est qu’au nom d’une volonté de n’oublier aucun détail des atrocités vécues que les rescapés utilisent ce terme.
Mais la voix des rescapés est bien moins écoutée que la propagande palestiniste qui réussit ainsi à renverser la situation, et transformer les bourreaux en victimes.
Ainsi, la Shoah ne serait pas seulement l’affaire des juifs, mais de tous les ‘sémites’, c’est à dire aussi des arabes.
 
Au delà d’une telle manipulation, le palestinisme a lui aussi créé sa propre Shoah.
En imitation du sionisme, il tenta de faire remonter sa naissance à une catastrophe historique de très grande ampleur.
La chose n’est pas aisée, parce qu’il n’existe pas de martyr arabe, ni au 20e siècle ni même avant.
 
Il ne restait plus aux palestinistes qu’à dépeindre la création de l’état d’Israël comme leur drame historique.
C’est ce qu'ils firent en instaurant la Nekba (littéralement : la catastrophe), un jour de deuil et de lamentations visant à commémorer chaque année le vote de l’ONU du 29 Novembre 1947 en faveur de la création de l’Etat d’Israël.
 
La manœuvre était fort habile. Plutôt que de commémorer la renaissance du mouvement hébreu de libération, à la fin du 19e siècle (ce qui représente réellement une catastrophe pour l’envahisseur arabo-musulman), la Nekba a rattaché l’existence d’Israël à une décision des Nations Unies, elle-même liée à une mauvaise conscience du monde après la Shoah (7).
 
Le palestinisme était donc en passe d’engendrer une situation dans laquelle deux thèses « légitimes » coexistent, la thèse israélienne invoquant le massacre de six millions de juifs et la thèse « palestinienne » rappelant au monde entier leurs millions de « déportés » (sic ! voir l'article ci-joint du journal La Croix).
 
Les palestinistes ne se sont pas contentés d’imposer une homologie entre Nekba et Shoah. Ils ont également su en exploiter pleinement les conséquences.
 
Si la Nekba est le résultat du vote de l’ONU, lui-même motivé par la mauvaise conscience des Européens après la Shoah, alors les « palestiniens » se transforment en ultimes victimes de la Shoah.
 
En effet, la création de l’état d’Israël ne s’est pas produite quelque part en Europe, sur les cendres encore fumantes des juifs exterminés, mais bien au Proche Orient, en « terre arabo-musulmane » (sic).
Les européens se virent alors accusés de se comporter encore une fois en colonialistes, mais d’un genre nouveau, celui né du besoin de réparer sur le dos d’innocents les crimes perpétrés chez eux.
Par cet argument, le linkage (le lien, ndlr) entre état d’Israël et Shoah s’est révélé un piège fatal. Il a éveillé chez les européens une mauvaise conscience vis à vis des « palestiniens » aussi forte que celle manifestée envers les juifs.
Plus forte encore même : si la création d’Israël représente la solution au problème de l’antisémitisme européen (ce qui clos ce douloureux épisode de l’histoire de l’Europe), alors cette solution se traduit par l’ouverture d’une plaie béante chez les « pauvres palestiniens ».
 
Par ce subterfuge, c’est l’existence même d’Israël qui est devenu un « péché capital ».
C’est lui que les palestinistes demandent désormais à l’ONU de réparer, en votant la dissolution de l’état d’Israël (8).
C’est au nom de cette logique de la culpabilité que la contestation quant à la légitimité d’Israël est tolérée à l’ONU.
De plus, cette exploitation du linkage par les palestinistes ne cesse de porter des fruits intermédiaires.
Par exemple, de même que l’état d’Israël a perçu des compensations de l’Allemagne nazie, les palestinistes exigent désormais des compensations non seulement de l’ONU, mais également de l’Europe et même d’Israël pour les dommages dont ils furent, à leurs yeux, les « victimes ».
 
La propagande palestiniste peut désormais dépeindre les soldats israéliens comme des nazis venus les exterminer.
Ce renversement de situation acquiert aujourd’hui sa pleine légitimité dans l’opinion publique grâce à la collaboration active de journalistes et d’intellectuels du monde entier.
Il signe l’entière récupération de la Shoah par les palestinistes et au nom de cette logique, les israéliens se métamorphosent en « bourreaux intermédiaires ».
 
La propagande palestiniste se trouve bien entendu contredite par les faits historiques :
On sait combien ils firent jadis pression sur les britanniques pour imposer le « Livre Blanc » qui interdisait l'immigration des juifs d'Europe vers la terre d'Israël.
Si Shoufani était réellement sensible aux souffrances des « juifs » durant la Shoah, il aurait dû aussi élever sa voix contre l'opposition historique des arabes au retour des hébreux sur la terre de leurs ancêtres, opposition qui a contribué à la mise en place de la « solution finale ».
 
Contre cette accusation, le palestinisme s’est doté d’une ultime parade :
La récupération de la Shoah et de ses victimes.
 
Les buts de la stratégie shoufaniste : « Israël = état-Psychose ».
 
Bien qu'elle sous-entend une dimension politique qui, sans être ouvertement affirmée, se laisse pourtant très bien deviner (9), l'initiative de Shoufani a l’avantage de renverser l’image de marque du monde arabe face à la Shoah.
Et en cela, elle introduit un élément inédit dans le conflit, dont voici les grandes lignes :
 
La Shoah représente un traumatisme extrêmement profond pour les israéliens.
En provoquant une paranoïa chronique, ce traumatisme stimulerait leur revendication à un état-abri.
 
1. C’est ce « dérangement » mental dont sont victimes les israéliens qui les empêcherait d’appréhender sereinement la cohabitation pacifique avec leurs voisins arabes.
Cette situation serait alors la cause première du conflit dans la région.
 
2. La seule voie conduisant à la paix est d’exorciser un tel mal, au moyen d’une compassion des « arabes » pour le drame juif.
L’expression d’un tel sentiment, est censée débarrasser les israéliens de leur paranoïa, une fois pour toutes. La paix devient alors possible.
 
Un tel scénario est le fruit d’une expression d’un machiavélisme politique remarquablement bien camouflé, conduisant au retournement de situation suivant :
 
1. La « pathologie » dont les israéliens sont censés être atteints offre une explication « rationnelle » à l’accusation de nazis proférée contre les soldats israéliens par les palestinistes (et reprise en chœur par les médias du monde entier).
Cette accusation se voit désormais cautionnée par un processus de « transfert » bien connu en psychologie, conduisant à une identification des victimes en leurs anciens bourreaux.
 
2. Si le « transfert » est une manifestation du processus de guérison de la psychose collective, alors une « nouvelle victime » est nécessaire pour que ce processus s’opère avec succès.
Se surimpose ici une nouvelle dimension : le « peuple palestinien » accepterait de jouer le rôle de « victime de substitut » afin d’apporter la guérison aux juifs traumatisés par la Shoah.
Ce que des organes comme « la Croix » ou « Témoignage chrétien » s'empressent d'intégrer et de diffuser pour redonner vie à leur théologie christologique décadente.
 
3. L’empathie manifestée par les arabes vis-à-vis du drame de la Shoah représente le seul moyen pour les juifs d’exorciser les angoisses et les pathologies mentales qui accompagnent un tel cauchemar.
Les palestinistes joueraient ainsi en quelque sorte le rôle de thérapeutes non seulement au niveau individuel, mais encore collectif.
 
4. Au nom d’une telle dialectique, l’état d’Israël se transforme en « état-Shoah », c'est-à-dire en « état-psychose » dont les israéliens ont le devoir de guérir.
La « Palestine » devient alors la seule entité légitime sur cette terre, parce que détachée de toute psychose.
 
5. En tant que « thérapeutes », les palestinistes non seulement neutralisent le dernier bastion derrière lequel s’abritaient les dirigeants du sioniste officiel, mais encore ils libèrent définitivement les européens du fardeau que représente la Shoah.
 
La thèse développée par Shoufani et ses adeptes représente une supercherie intellectuelle d’autant plus impressionnante que son caractère infondé reste trivial : le monde arabo-musulman n’a jamais, au grand jamais, été une victime autre que de lui-même.
Quant à la « paranoïa » des hébreux, elle se fonde sur la mémoire de treize siècles de massacres et de dhimitude en terre d’Islam, qui n'a rien à envier aux persécutions nazies.
 
Les « juifs des pays arabes » n’ont jamais été épargnés de pogroms et massacres, loin s’en faut.
La preuve la plus simple est que leur nombre est bien moindre que celui des « juifs de l'Europe chrétienne », en dépit des massacres de la Shoah qui ont principalement touchés ces derniers et en dépit de la forte natalité des premiers.
 
Et pourtant, l’immense majorité des hébreux, durant le premier millénaire de l’ère chrétienne, vivait sur le pourtour de la Méditerranée.
C’est donc que, de manière générale, la vie dans les pays inféodés à l’Islam fut bien plus terrible que dans le monde chrétien.
Même sur une échelle de la souffrance, les hébreux sous l'occupation arabo-musulmane ne sont donc pas « en reste » par rapport à leurs frères d’Europe, rescapés de l'occupation nazie.
 
Loin de s’atténuer au fil du temps, la volonté génocidaire de la force islamique montante reste à l’ordre du jour en ce début de 21e siècle.
Et les israéliens ont eut droit, durant ces dernières années, à un avant goût de cette force montante, au fil des attentats préparés et commandités par le Fatah, l’OLP, le Hamas, le Jihad islamique, le Hezbollah et autres apprentis ahmenidjadistes pour rayer définitivement Israël de la carte.
 
Historiquement parlant, l’idée d’un linkage entre
la création de l’état d’Israël et la Shoah n’a aucun sens.
 
Les shoufanistes savent pertinemment que le mandat britannique expirait en 1948, et ce en vertu d’une décision prise bien avant la seconde guerre mondiale.
Et que ce n'est qu'à son expiration, que les dirigeants sionistes proclamèrent l'indépendance de l'état d'Israël.
Et si lien avec la Shoah il y a, il est bien en sens inverse : les nazis n’auraient pas privilégié la solution finale, en 1942, si le mouvement sioniste avait été en mesure de créer son état afin d’accueillir les populations juives d’Europe.
C'est la pusillanimité (ou le zèle mandataire ?) de certains dirigeants sionistes face au mandat britannique qui leur fit octroyer la primauté à l’intérêt britannique et retarder ainsi la déclaration d’indépendance jusqu’en 1948.
 
D'autre part, la Shoah n’a pas représenté un catalyseur politique, mais au contraire un frein.
A la suite de l’ascension d’Hitler au pouvoir, certains groupes activistes du mouvement sioniste (comme le Hetsel ou le Palmah) ont suspendu la lutte contre les britanniques afin de ne pas affaiblir politiquement le camp des anti-nazis en Angleterre (10).
 
Pour toutes ces raisons, le linkage (entre la création de l’état d’Israël et la Shoah, ndlr) se révèle être une véritable escroquerie intellectuelle.
Et pourtant cette thèse immonde et ses conséquences implicites sont en train de gagner en crédibilité auprès de l’opinion mondiale (et même israélienne !).
Cette réussite est une résultante directe de l’engouement aujourd’hui manifesté en regard de la psycho-histoire, une discipline toute récemment créée qui ambitionne d’expliquer les conflits et les guerres par des troubles psychologiques collectifs inhérents à l’éducation, à la mentalité ou aux mœurs du pays.
C’est là un moyen fort savant de traiter non plus des actes criminels, mais de leurs « motivations » sous-jacentes, elles-mêmes rendues homologues à celles des victimes.
 
En cela, la psycho-histoire est le moyen le plus subtil de délégitimer les revendications de peuples premiers (comme le peuple hébreu et le peuple arménien ou berbère), ainsi que leur aspiration à la justice historique.
 
Au delà de l’engouement en faveur de la psycho-histoire, beaucoup sont séduits, au point de succomber totalement sous le charme de telles élucubrations, par cette manifestation d’empathie fort nouvelle des palestinistes prenant conscience de l’ampleur de la Shoah.
Ils oublient que la dissolution d’Israël dans une Palestine arabe représente ni plus ni moins que les honoraires à verser pour un tel « traitement ».
 
Car dorénavant, la Shoah est considérée comme autre chose que la mémoire d’une barbarie à l’échelle industrielle (11).
On la lie désormais intimement au vote de l’ONU en 1947.
La fondation de l’état d’Israël est ainsi appréhendée telle une conséquence de la prise de conscience des massacres perpétrés dans les camps de la mort, et d’une nécessité de fonder une terre d’asile pour les rescapés.
 
En cela, la Shoah se trouve a posteriori associée au conflit israélo-arabe, ce qui en soit est un crime contre la mémoire des victimes.
Mais une fois introduite dans l’arène du conflit par Mr Shoufani, la Shoah est redevenue très rapidement un instrument privilégié de promotion du palestinisme.
 
Par l’intermédiaire du Shoufanisme, la Shoah est devenu un instrument politique banalisé.
Et c’est là un crime plus grand encore.
 
Les conséquences de la stratégie shoufaniste : la démonisation d'Israël
 
En cinquante ans, les propagandistes palestinistes ont réussi le tour de force de renverser la situation, c’est-à-dire de transformer les rescapés de la Shoah et leurs descendants en bourreaux et se métamorphoser eux-mêmes en ultimes victimes.
De plus, ils accusent également les européens de « s'être lavés » de leurs crimes en octroyant aux victimes de la Shoah une terre qui ne leur appartenait pas.
 
Le renversement de situation entre un peuple victime du plus grand génocide perpétré au 20e siècle, et ceux qui admirèrent ses bourreaux a de quoi étonner.
L’habileté des palestinistes à jongler entre les arguments contradictoires, et leur cynisme à exploiter pour leur propre compte un génocide censé ébranler les consciences, ne suffit pas pour expliquer un tel état de fait.
Si ce drame est récupéré aujourd'hui en faveur du palestinisme, en dépit de toute l’incohérence propre à une telle réalité, serait-ce parce que le monde tente lui aussi de se blanchir par rapport à la Shoah ?
En d’autres termes, le palestinisme a-t-il ici fonctionné en parfaite symbiose avec certains intérêts européens, tout comme il a jusqu’ici parfaitement servi les intérêts de l’impérialisme arabo-musulman ?
 
C'est pourquoi il n’est pas étonnant que la Shoah soit devenu un thème largement traité par le palestinisme, aussi bien dans les discours destinés à la population arabophone qu'aux européens et même aux israéliens.
Bien entendu, toutes ces expressions ne visaient qu’une seule et même chose : la récupération de la Shoah au profit de la revendication nationaliste palestiniste.
 
En réalité, cette récupération n’est pas le simple fruit d’une propagande habile de la part des palestinistes. Il connaît une source bien en amont.
En effet, l’idée d’un lien entre Shoah et naissance d’Israël n’est pas l’invention de palestinistes en quête de justification. A vrai dire, une telle idée était bien trop aberrante pour avoir une chance quelconque de se faire accepter.
Le succès d’un tel artifice ne peut résulter que d’une action concertée, et à grande échelle, de désinformation. Le seul cadre dans lequel une opération d’une telle envergure est envisageable est bien l’ONU, lui-même créé afin d’éviter qu’une nouvelle Shoah ne se reproduise quelque part dans le monde.
 
Mais si l’ONU est né quelque part de la mauvaise conscience des peuples qui, de façon plus ou moins directe, endossent une responsabilité dans ce génocide, il était tout à fait normal que son attitude face à la Shoah soit l’objet de ses préoccupations visant à garantir qu’une telle barbarie ne se reproduirait pas à l’avenir.
 
Or l’idée d’un linkage entre Shoah et la création de l'état d'Israël permettait au contraire d’effacer les crimes perpétrés.
 
C’est pourquoi la décision de l’ONU en faveur de la création d’Israël ne devait pas être présentée comme une « réparation». C'est pourtant ce qu'elle fit.
Le linkage entre la Shoah et le vote de l’ONU transformait subitement les nations plus ou moins complices du crime en « promoteurs » de la création d’Israël, et ce avec un effort moindre : cette contribution n’impliquait pas l’envoi de contingents pour défendre le pays contre un agresseur promettant de réduire l'état d'Israël naissant à néant et d’exterminer ses citoyens.
Elle se résumait à un simple « oui » prononcé du bout des lèvres par un représentant officiel.
Non seulement cela suffisait pour rendre Israël redevable de l’ONU quant à son existence, mais encore un tel linkage effaçait les engagements pris bien avant la guerre par la SDN, que le vote de l’ONU ne ratifiait en aucune façon.
Le linkage avait donc comme double avantage de ménager des intérêts politiques tout en « positivant » un génocide perpétré à une échelle inégalée.
 
Enfin, il existe également une raison plus profonde qui a poussé l’ONU à promouvoir l’idée du linkage :
La déclaration d'indépendance de l'état d'Israël n’était plus reconnue comme le réveil d’un peuple rayé de l’histoire.
Il devait perdre son caractère d’exception qui menaçait, par sa réussite, de renverser l’ordre mis en place par les conquérants de par le monde.
En effet, une fois légitimées les revendications d’auto-détermination des hébreux, plus rien n’empêchait les autres peuples effacés de l’Histoire à revendiquer eux aussi leurs droits légitimes.
 
C’est pourquoi inventer un lien entre la Shoah et la création de l’état d’Israël représentait une véritable aubaine, un moyen de désamorcer une révolution à l’échelle mondiale qui menaçait l’ordre établi par la force et la marche prétendument irréversible de l’Histoire.
 
Présenter Israël comme un état-abri pour les rescapés de la Shoah était en quelque sorte un moyen de faire du réveil du monde hébreu un encart au cours normal de l’Histoire tout comme la Shoah est une horreur hors du commun.
Le linkage était donc un subterfuge pour faire rentrer le réveil du monde hébreu dans le cadre historique imposé par les conquérants.
Par ailleurs, cette solution était fort intéressante puisque le linkage conférait à Israël un statut très particulier, une existence non pas naturelle mais sous condition, c’est à dire dont la légitimité peut être à tout moment remise en question.
 
Au lieu de s’opposer à cette falsification des faits, les dirigeants israéliens ont été séduits ou subjugués par le potentiel d’empathie qui résidait dans le linkage.
C’est pourquoi ils ont entériné cette escroquerie plutôt que d’en rejeter les fondements.
 
Mais les promoteurs du linkage ne s’en sont pas arrêtés là.
Ils ont su exploiter les moindres ressources de cet artifice leur permettant de se défaire d’un passé criminel. Et en cela, les ravaleurs de conscience trouvèrent dans les palestinistes des partenaires de choix.
Dès lors, la propagande palestiniste ayant un lien quelconque avec la Shoah se propage de par le monde à une vitesse fulgurante, en dépit de son aberration.
Le cas le plus célèbre est celui de l’amalgame entre « camps de réfugiés palestiniens » et camps de concentration nazis, aujourd’hui pleinement légitimé en dépit de son obscénité.
 
C’est également le cas des manipulations visant à dénoncer la « barbarie » des soldats israéliens, que les mauvaises consciences européennes ont tôt fait de transformer en soldats nazis.
Au nom de cette « équation », transformant les victimes du génocide en bourreaux, deux tiers des allemands sont aujourd’hui persuadés que les israéliens se comportent envers la population de Judée-Samarie et de Gaza, exactement comme les nazis se comportaient avec les juifs (12). Le pourcentage est même plus élevé dans d’autres pays d’Europe.
 
En affirmant l’équivalence d’attitude entre victimes de la Shoah et leurs bourreaux, les européens tentent indirectement d’atténuer leur culpabilité.
C’est pourquoi une véritable symbiose se tisse entre la propagande palestiniste et le besoin de déculpabilisation chez les européens (y compris par la coopération tacite d'organismes européens ou onusiens toujours prêts à sacrifier des peuples à la raison d’état).
Jusque de nos jours, ce besoin en constitue un moteur privilégié, et les israéliens ne cessent, soixante ans après la Shoah, d’en être indirectement encore les victimes au quotidien.
 
Car la mémoire du peuple hébreu représente une véritable menace pour des nations intéressées à réduire au maximum les épisodes peu glorieux de leur passé récent, notamment au nom de leur aspiration à jouer un rôle central dans la politique internationale.
Face à une telle réalité, créer une équivalence entre les anciennes victimes et leurs bourreaux devient une parade de choix, d'autant plus que l’indignation affichée par les médias fait véritablement office de repentir collectif.
 
Les hébreux sont donc doublement victimes : une première fois de la barbarie de leurs anciens bourreaux, une seconde fois du besoin que ces derniers ont ensuite de se « blanchir » des crimes commis en les transférant sur leurs anciennes victimes.
 
Conclusion : Le piège onusien ou « fermer la parenthèse ? »
 
Tsipi Livni, la ministre israélienne des affaires étrangères, a récemment déclaré que s'il y avait un nouveau vote à l'ONU, elle doutait fortement qu'il serait encore aujourd'hui en faveur de la création de l'état d'Israël.
 
Avec le linkage shoufanien de Shoah-Israël-Palestine, le corps à corps idéologique prend une dimension inédite par l’intrusion d’un nouvel élément :
 
La réduction du mouvement hébreu de libération à une excroissance, à une « parenthèse de l’Histoire » que l’ONU a ouvert en 1947 à la suite de la Shoah, par la création de l'état d'Israël, et qu’elle serait désormais tentée de refermer, par l'euthanasie de « l'entité sioniste », l'amputation de « l'excroissance » juive, le déracinement de la « mauvaise herbe » hébreue dans le « croissant fertile arabo-musulman » (pour reprendre des expressions si chères aux jihadistes du Hamas).
 
Notes
 
(1) Emile Shoufani. J'appelle. Conférence du 18 Décembre 2002. 'Mémoires pour la paix'.
 
(2) Les textes fondateurs du nazisme sont étudiés avec le plus grand sérieux dans les écoles et les lycées de l’Autorité Palestinienne, et Mein Kampf est depuis longtemps un best-seller dans les librairies de Jenin et de Ramallah (ainsi que dans les pays arabes voisins, comme la Syrie, l’Egypte ou l’Irak, refuges de prédilection des nazis).
 
(3)Alors que le monde arabe, dans son ensemble, ne tarit pas en louanges envers Hitler pour son entreprise d’extermination industrielle des juifs, les palestinistes avaient adopté une thèse singulière, soutenant que la Shoah fut artificiellement amplifiée par les sionistes pour des besoins politiques, afin de faire pression sur les Nations Unies lors du vote de 1947.
C’est au nom d’une telle argumentation que les territoires sous autorité palestinienne étaient devenus le foyer mondial du révisionnisme historique, réduisant considérablement la Shoah (Voir la thèse révisionniste de Mahmoud Abbas).
Or la sympathie que l’opinion populaire accorde aujourd’hui au palestinisme en faisait un levier privilégié pour la diffusion de ces falsifications.
 
(4)Amin El Husseini déclara en 1944 : « Tuez les juifs là où vous les trouverez. Cela est agréable à Dieu, à l'histoire et à la religion ».
Ou encore : « Il y a une similitude entre les principes de l'Islam et ceux du Nazisme ».
Voir l'ouvrage de Joseph Shechtman. The Mufti and the Fuhrer. p. 139. New York. 1965. Cité par A Stav The peace-arab caricature, Zmoura-Bitan, Tel Aviv, 1996, p. 93.
 
(5) Ses chefs furent systématiquement ménagés par les colonialistes britanniques comme français.
Et l’engagement auprès d’Hitler n’y changea rien, puisque britanniques et français n’ont jamais exercé de représailles contre les positions pro-nazies de leurs « protégés ».
 
(6) Inventé par Heinrich Himmler à l'occasion de sa première visite des chambres à gaz d'Auschwitz.
Voir le témoignage du docteur Albert Haas, Médecin en enfer, p. 257. Ed. Presses de la Renaissance. Paris. 1986.
 
(7) La commémoration de la Nekba, a supplanté chez les palestinistes le jour de deuil marquant la déclaration de Balfour du 2 Nov 1917, sur l'instauration « d'un foyer juif ».
 
(8) C’est empreint de cet état d’esprit que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a récemment appelé à « rayer Israël de la carte et transférer en Europe sa population de réfugiés de la Shoah ».
Le tollé soulevé de par le monde par ces propos est très vite retombé, y compris en Israël.
 
(9) En atteste le contenu des propos tenus, les images adoptées, et les positions pan-arabistes radicales toujours associées à ce témoignage de « compassion » pour le malheur des juifs.
 
(10) Par contre, le mouvement LEHI, Les combattants pour la liberté d'Israël, de Yaïr Stern, ou le « Parti pour l'état Hébreu » de Méïr Grossman (qui voulait déclarer l'indépendance en 1934 !), ou encore les ultras- patriotes hébreux- cananéens de Yonathan Ratosh étaient radicalement opposés à une quelconque trêve et prônaient la lutte à outrance contre l'occupant britannique.
 
(11) Il n’en fallait pas plus pour faire le jeu des pseudo-historiens niant l’ampleur ou même la réalité de la Shoah.
 
(12) Cette volonté de démoniser le peuple israélien ne serait-elle pas une manière, consciente ou non, de se déculpabiliser en transférant le comportement barbare sur la victime ?

source: surlautrerive (28/12/06)

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