Juifs du Kurdistan: «l’an prochain à Jérusalem reconstruite.»

Publié le par mai_si

Traditions de Pessah des Juifs du Kurdistan

Les Juifs du Kurdistan ont comme beaucoup d’autres communautés juives de par le monde ont développé des traditions particulières liées à Pessah. Ils commençaient les préparatifs de la fête immédiatement après Pourim. Un mois avant, les plus riches se faisaient coudre un nouveau vêtement et les plus pauvres achetaient au moins une nouvelle pièce de tissu. Ils fallaient signifier que l’arrivée de la fête était une occasion de joie.

Les femmes appelaient Pessah « la fête des soucis » à cause du travail supplémentaire occasionnée par le grand nettoyage avant la fête et des nombreuses préparations. Au début du mois de Nissan, elles commençaient à nettoyer la maison et les ustensiles de cuisine de telle sorte que le 14 Nissan tout le Hametz (levain) puisse être brûlé. Le récurage des ustensiles se faisait en général dans la cour de la synagogue et tous les membres de la communauté y participaient.

La manière dont les Juifs kurdes achetaient leur blé pour faire les matzot (pains azymes) est très particulière : une trentaine de familles pauvres non - juives, se rendaient dans les champs des musulmans kurdes afin de glaner. Au retour vers Zarou (où habitaient la majorité des Juifs), ils rencontraient les Juifs, adultes et enfants et leurs vendaient les fruits de leur glanage. C’est ce blé qui était utilisé pour la fabrication des Matzot.

La cuisson des matzot, selon la façon kurde, commence dès le début du mois de Nissan et se fait dans un four rond, d’argile rouge, large à la base et étroit à l’ouverture. La veille de la fête, les riches chez qui se déroulaient le repas traditionnel de Pessah s’occupaient de la cuisson du pain. Tous participaient à cette cérémonie de la cuisson. Ils considéraient que leurs fautes étaient pardonnées et chantaient des Alléluia. Comme de nombreux chefs de famille ne savaient pas lire le récit de Pessah, le repas traditionnel ne se faisait pas dans chaque foyer. Des groupes de familles se réunissaient dans la maison d’une personne appelée « le maître du Pessah ».

Les pains azymes avaient le diamètre d’un bol moyen. Ces pains de la fête ressemblaient aux pitot. Elles étaient fourrées d’amandes, de noix, de sésame et de sucreries, tout cela immergé dans l’œuf battu, dès le stade de la pâte crue. La partie externe de la pita était décorée de fruits secs. Les hôtes du repas pascal les distribuaient à leurs invités. Après avoir récité la traditionnelle invitation des invités en araméen « Voici le pain de misère » chacun agrippait l’épaule du voisin, formant ainsi une chaîne symbolisant l’union des cœurs. Les prières étaient dites trois par l’officiant et répétés en kurde. A la fin du repas, on s’embrassait en chantant « l’an prochain à Jérusalem reconstruite. »

Franck Olivier

Un Echo d'Israël

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