Le Beitar et leurs slogans anti-arabes.

Publié le par mai_si

Video: Les fans du Beitar, l’autre visage de la société israélienne

Le club de football du Beitar Jérusalem est l'un des plus populaires d'Israël. Ses fans les plus radicaux, affiliés à la droite nationaliste, sont connus pour leurs slogans anti-arabes. (Reportage : Guillaume Auda)

http://www.france24.com/fr/20080430-israel-60-ans-creation-palestiniens-nakba-jerusalem?q=node/1404309

Pour rencontrer les fans du Beitar Jérusalem, il faut se rendre à Beit Wagan, le centre d’entraînement de l’équipe de football la plus populaire d’Israël. C’est ici, à Jérusalem-Ouest, que les joueurs préparent leurs matchs, sous l’œil attentif d’une poignée de supporters, parmi lesquels Guy, un incontournable.


A l’image des fans les plus radicaux du Beitar, Guy entretient une passion sans limite pour son équipe. Rien ne l’éloigne de son club, pas même le devoir militaire, pourtant sacré en Israël.

 
"Avant d’entrer à l’armée, je leur explique. Moi, je suis un malade du Beitar Jérusalem, indique Guy, casquette vissée sur la tête, le visage assombri par une capuche. Vous me voulez avec vous ? D'accord, pas de problème, mais rappelez-vous, les jours de match, je perds la tête, je dois aller voir le match."
 
"Bombarder Tel-Aviv !"


Historiquement liés à la droite nationaliste israélienne et au mouvement politique Betar, créé en 1923 par l’Ukrainien Vladimir Zeev Jabotinsky, certains supporters du club sont aujourd’hui réputés fanatiques, voire violents. Ils sont notamment connus pour leurs slogans anti-arabes, sans mentionner la haine farouche qu’ils vouent au club rival, l’Hapoël de Tel-Aviv.


"L’Hapoël Tel-Aviv, ce sont des juifs dans le camps des arabes", assure Guy, sous le regard approbateur de ses camarades. "Vous vous rappelez quand Saddam Hussein a bombardé Tel-Aviv - lors de la première guerre du Golfe en 1991 -, eh bien voici ce que l’on chante toujours, nous les fans du Beitar : 'Ya Saddam Habibi roudrou roudrou Tel Aviv !' Ce qui veut dire : 'Ya Saddam mon amour, mon amour ! Lâche tes bombes sur Tel-Aviv' !" Ils haïssent réellement le club rival.

 

Soir de match au Teddy Kolek Stadium


Le dimanche 13 avril, c’est soir de match au Teddy Kolek Stadium, l’antre du Beitar de Jérusalem. Le stade est jaune et noir, les couleurs de l’équipe. Il est plein à craquer. Avant la rencontre, les 20 000 supporters du club, toutes écharpes et fanions brandis vers les cieux, reprennent en cœur la Hatikva, l’hymne national israélien. Arcadi Gaydamak, le milliardaire russe israélien et propriétaire du club, assiste au spectacle.
 

Sur l’aile nord, au cœur de la tribune Mizrahi, tribune orientale en hébreu, on retrouve Guy parmi les supporters. Ça saute et bouge dans tous les sens, ça chante à gorge déployée, l’ambiance est électrique. "Ici, c’est ma famille, enchaîne le supporter historique, c’est ma maison." Guy a déjà presque perdu la voix.


Le public du Beitar de Jérusalem est parfois ouvertement raciste. "Ces supporters, ce sont les meilleurs en Israël, s’enthousiasme Shlomo, un jeune fan de l’équipe, tu vois ce qui se passe ici, jaune noir, c’est pour la vie, le Beitar, c’est le club numéro un en Israël, on déteste l’Hapoël [de Tel-Aviv] , on déteste Sakhnin [club arabe israélien], on déteste les arabes, nous on est juifs, on habite à Jérusalem, et on restera à Jérusalem."


Plus bas sur la pelouse, les joueurs du Beitar ont ouvert la marque sur coup franc. Les fans ont attendu le but pendant près de 70 minutes. Leur joie est explosive. Si le Beitar gagne la partie, il remportera officiellement le championnat d’Israël. Les supporters se massent aux abords de la pelouse. On joue la 80e minute. "Tout le monde veut aller sur la pelouse, tu ne vois pas ? indique Shlomo. Ils veulent faire la fête !"


Police débordée


La tension est palpable. La foule grossit à proximité immédiate du terrain. Soudain, à quatre minutes de la fin du match, des milliers de supporters se précipitent sur la pelouse à la poursuite des joueurs. L’anarchie règne sur le terrain, la police est débordée. Les fans avec leurs drapeaux, certains torses nus, sont devenus les maîtres du stade.
 
Ce débordement très spontané coûtera cher au club. Le Beitar de Jérusalem se verra retirer plusieurs points, jouera ses derniers matchs à huis clos et attendra avant d’être sacré champion d’Israël. Quant à ses fans, ils auront une nouvelle fois défrayé la chronique.
 

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