Maguen David=bouclier de protection contre les démons.

Publié le par mai_si

Tout comme les interventions de l´armée israelienne, son symbole a le même sens, la défensive.

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L’étoile de David


Le symbole de l’État d’Israël est la Menora, le chandelier à sept branches, dont une reproduction se trouve face au bâtiment de la Knesset. On le retrouve aussi sur certaines pièces de monnaie israéliennes. Cependant, ce n’est pas la Menora qui figure sur le drapeau israélien, mais l’étoile à six branches, désignée communément, en français, par l’expression « étoile de David », et appelée en hébreu « maguen David », bouclier de David. Contrairement à un idée reçue, ce motif n’est devenu que très tardivement le symbole du peuple juif.

Les indications qui suivent proviennent du livre de Gershom Scholem « Le messianisme juif » (1971 ; traduction française, Paris, Calmann-Lévy, 1974), au chapitre « L’étoile de David : histoire d’un symbole », auquel sont empruntées aussi les citations, sauf indication contraire.

À l’inverse de la menora, l’étoile à six pointes « n’est pas un symbole juif, et encore moins LE symbole du judaïsme. » À l’origine, elle est probablement un sceau destiné à un usage magique, et elle est interchangeable avec l’étoile à cinq branches. Il semble qu’elle ait été désignée d’abord par l’expression de « sceau de Salomon ». L’appellation de « bouclier de David », apparue au Moyen-Âge, ferait référence au bouclier que le roi David aurait porté comme moyen magique de protection. « Quel qu’ait pu être le nom sous lequel le pentagramme [étoile à cinq branches, n.d.l.r.] et l’hexagramme [étoile à six branches, n.d.l.r.] étaient connus, ils ont eu au cours de leur carrière un but précis, et un seul : servir de protection contre les démons. »

À côté de son usage magique, l’hexagramme a été employé dans un but purement décoratif, même en dehors du monde juif : on le trouve par exemple sur le trône épiscopal de la cathédrale d’Anagni, au XIIIe siècle. Des personnages officiels l’ont utilisé pour décorer leurs sceaux et des imprimeurs l’ont pris pour emblème. C’est autour de 1300 que l’appellation de « bouclier de David » tend à remplacer celle de « sceau de Salomon ». Mais ce n’est qu’au XIXe siècle que l’étoile constituée de deux triangles inversés s’impose comme emblème du peuple juif. « Quand, au XIXe siècle, on commença de bâtir des synagogues architecturalement importantes, les architectes, pour la plupart non juifs, s’efforcèrent de construire ces lieux de culte sur le modèle des églises. Ils crurent alors qu’il leur fallait trouver un symbole correspondant au symbole des églises. Ils tombèrent sur l’hexagramme. Faute d’initiatives (même de la part des théologiens juifs instruits) dans le domaine du symbolisme juif, le ‘magen David’ fut choisi comme emblème public du judaïsme. Comme sa forme géométrique se prêtait à des fins architecturales et ornementales, c’est devenu depuis un peu plus de trois générations un fait reconnu et canonisé par la tradition que le ‘magen David’ des Juifs est une sorte de symbole sacré, au même titre que la croix ou le croissant pour les autres religions monothéistes. » (Alfred Grotte, 1922).

« On peut donc dire ceci : au moment de sa plus grande diffusion, au XIXe siècle, le bouclier de David n’était plus que le symbole exsangue d’un judaïsme qui perdait de plus en plus son sens (...). Mais il y eut les sionistes (...). Quand les sionistes le choisirent comme emblème au congrès de Bâle [1897, n.d.l.r.], ils lui trouvèrent deux qualités qui le recommandaient à des hommes en quête d’un nouveau symbole. En premier lieu, il était connu de tout le monde en raison de sa diffusion générale à travers les siècles, de son apparition sur toutes les nouvelles synagogues, sur les sceaux des communautés, des sociétés philanthropiques, etc. En second lieu, il n’avait pas une connotation ou une signification nettement religieuse pour la conscience contemporaine. De ce défaut vint sa vertu. »

« Mais, bien plus que les sionistes, il y eut, pour fournir au bouclier de David la sainteté d’un symbole authentique, ceux qui en firent pour des millions d’hommes un signe de ségrégation et de dégradation. L’étoile jaune, qui fut pour les Juifs le signe de leur ségrégation avant de devenir finalement le signe de leur annihilation, les a accompagnés sur le chemin de l’humiliation et de l’horreur, comme sur celui du combat et de la résistance héroïque. C’est sous ce signe que les Juifs ont été assassinés ; et c’est sous ce signe qu’ils se sont rassemblés en Israël. S’il y eut jamais dans l’histoire un sol fertile d’où un symbole a pu tirer tout son sens, c’est bien ici. Certains ont pensé que le signe qui avait marqué le chemin vers l’annihilation et vers les chambres à gaz aurait dû être remplacé par un signe de vie. Mais on peut penser aussi bien le contraire. Ce signe qui a été sanctifié en notre temps par la souffrance et l’épouvante est devenu digne d’éclairer le chemin vers la vie et la reconstruction. Le même chemin qui conduira à l’ascension est celui qui conduisit d’abord vers l’abîme. C’est là que le symbole s’est chargé de son humiliation ultime, mais c’est là aussi qu’il a acquis ses titres de noblesse. »

un-echo-israel: par Michel Remaud

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