Fatah/Hamas, exécutions sommaires ca vous rappelle rien?

Publié le par mai_si

"Ils les exécutent un à un. Ils en transportent un sur leurs épaules, le placent sur une dune de sable, le retournent et tirent."

Cette attaque est arrivée après cinq jours de combats qui ont coûté la vie de 90 Palestiniens et qui a vu les deux camps perpétrer d’autres exécutions sommaires, jetant des opposants des étages élevés de hauts immeubles, détournant des ambulances pour les utiliser comme véhicules militaires et engageant le feu à l’intérieur des enceintes d’hôpitaux.

Plus d´infos: http://alternatives-international.net/article1036.html

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Le rôle du Hamas dans les « punitions collectives », Seán Gannon


15 août 2008

Libre opinion parue dans le Irish Times

 

Traduction française : Menahem Macina pour upjf.org

 

Le 27 mai 1942, Le vice-Reichsprotektor de Bohème et de Moravie, Reinhard Heydrich, était assassiné par la résistance tchèque, alors qu’il se rendait en voiture à son bureau de Prague.

En guise de réplique, les SS raflèrent les habitants du village voisin de Lidice. Quelque 200 hommes furent exécutés sur-le-champ. Les femmes furent envoyées au camp de concentration de Ravensbrück, où la plupart moururent par la suite : 80% de leurs enfants furent gazés à Chelmno, en juillet de la même année.

Deux ans plus tard, une bombe lancée par un partisan tuait 33 membres d’une unité de policiers SS qui faisaient route vers le centre de Rome. En représailles, le chef de la Gestapo de la ville, Herbert Kappler, ordonna l’exécution de dix Italiens pour chaque mort allemand. Le jour suivant, 335 personnes furent amenées dans les Fosses ardéatines et tuées d’une balle dans la nuque.

Tel était le genre d’horreurs que les auteurs de la Quatrième Convention de Genève avaient dans l’esprit quand ils mirent hors-la-loi les "punitions collectives", en 1949. La stipulation de l’article 33, selon laquelle personne « ne peut être puni pour une faute qu’il n’a pas commise personnellement », concerne l’imposition de sanctions criminelles en représailles de la culpabilité de quelqu’un d’autre.

Aussi, la référence constante qui y est faite par les critiques d’Israël dans le contexte du blocus de Gaza n’est rien moins qu’une exploitation cynique de la terminologie juridique internationale. Elle fait partie d’une stratégie bien définie, qui a pour but de délégitimer une particularité de la sécurité israélienne en la définissant en termes de politiques auxquelles s’opposent, à juste titre, tous les gens sensés : "apartheid" (la barrière de défense) ; "crimes de guerre" (les éliminations ciblées de dirigeants terroristes) ; et même "purification ethnique" et "génocide" (presque chaque opération de Tsahal).

Par exemple, La campagne de solidarité, Irlande-Palestine, affirme que les restrictions, au demeurant irrégulières, des exportations d’électricité, et de carburant pour véhicules motorisés, visant Gaza, constituent une "punition collective" et une violation du droit international.

Pourtant, la légalité des sanctions économiques dans des situations de conflit est inscrite dans la Charte des Nations unies, malgré leur impact sur les civils. L’embargo de l’ONU contre le régime de Saddam Hussein causa d’énormes souffrances dans la population des Iraqiens ordinaires, et ses sanctions contre al-Qaïda et les Taliban eurent ce que l’Office de Coordination des Affaires Humanitaires appela "un effet négatif tangible" sur la vie des Afghans innocents. Cependant, personne n’accuse le Conseil de Sécurité de "punition collective".

De plus, bien que la Quatrième Convention de Genève ne s’applique pas techniquement à son conflit avec Gaza (qui n’est ni une Haute Partie contractante [*], ni, malgré le contrôle de ses frontières par Israël, un territoire israélien occupé), Jérusalem est totalement en règle avec ses exigences. La convention n’impose pas la fourniture de marchandises ni de services aux populations ennemies (Israël a, avec raison, déclaré Gaza "entité hostile" en septembre 2007), en dehors des "produits alimentaires essentiels, habillement et fortifiants pour les enfants de moins de 15 ans, et du cas des femmes enceintes et accouchées". Le Premier Protocole Additionnel [de la Convention de Genève] n’inclut ni l’électricité ni le carburant parmi les "autres fournitures essentielles à la survie de la population civile", dont le transit doit être facilité. En tout état de cause, même celles-ci peuvent faire l’objet d’embargos lorsqu’il y a de sérieuses raisons de croire qu’elles seront interceptées par les forces ennemies. Et quoique ce soit, à l’évidence, ce qui se passe à Gaza (le Hamas s’est emparé d’une cargaison de 14 camions d’aide de la Croix-Rouge, en février dernier, et a été accusé, à plusieurs reprises, par l’Autorité Palestinienne, de détourner vers ses dépôts personnels du carburant destiné à la station de production d’électricité et aux hôpitaux), Israël continue à autoriser le transfert de centaines de tonnes d’aide dans ce territoire, chaque semaine.

L’interdiction de circuler imposée à des étudiants de Gaza, titulaires de bourses pour l’étranger, a aussi été décrite comme une "punition collective". Condamnant cette mesure dans ces pages, John Kelly, l’ancien directeur de la Commission Fulbright irlandaise, a mis l’accent sur le cas de sept titulaires d’une bourse Fulbright, qui, affirmait-il, se sont vu refuser l’autorisation de se rendre aux Etats-Unis parce que trois d’entre eux appartenaient à l’Université Islamique de Gaza, un bastion du Hamas, lié à un certain nombre d’agressions terroristes récentes. Trois des 14 boursiers Fulbright, qui avaient demandé à quitter Gaza cette année se heurtèrent à un refus pour des raisons de sécurité. Mais le point principal n’est pas de savoir si les étudiants représentent un risque, mais si l’accès à une université située à l’étranger constitue "une cause humanitaire exceptionnelle" qui obligerait Israël à suspendre son blocus légitime. Du fait que le droit universel à l’instruction ne s’étend pas aux études supérieures, ce n’est clairement pas le cas.

C’est incontestablement une tragédie pour les centaines d’étudiants qui obtiennent des bourses d’universités étrangères et sont empêchés de quitter Gaza, et Israël révise actuellement sa politique et examine les demandes, au cas par cas. Mais la responsabilité finale de la situation de ceux qui se voient refuser l’autorisation de partir n’incombe pas au gouvernement de Jérusalem, mais à leurs propres dirigeants politiques qui, en menant une guerre terroriste contre tous les Israéliens, sont les véritables acteurs des délits de "punition collective" dans la région.  

 

Seán Gannon

 

© The Irish Times

 

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Note d’upjf.org

 

[*] Israël ne considère pas que la Convention soit applicable au territoire palestinien occupé, dans la mesure où le territoire n’était pas reconnu comme souverain avant son annexion par la Jordanie et l’Égypte, et dans la mesure où, en conséquence, il ne s’agit pas d’un territoire d’une Haute Partie contractante au regard de la Convention. Voir le texte intégral de la Convention (IV) de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949. Voir aussi l’article de Wikipedia : Conventions de Genève de 1949.

 

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[Texte aimablement signalé par Yigal Palmor.]

 

Mis en ligne le 17 août 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org


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