Faible motivation des Arabes pour ces élections

Publié le par mais_si

Des enfants passent devant des affiches électorales de candidats Arabes israéliens, le 8 février 2009 à Umm al-Fahm

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Des enfants passent devant des affiches électorales de candidats Arabes israéliens, le 8 février 2009 à Umm al-Fahm

Entre défiance et colère, les Arabes israéliens hésitent à voter

A 28 ans, Ihab Issa admet que la guerre de Gaza a achevé de tuer ses derniers espoirs en des jours meilleurs. Aux législatives du 10 février, c'est décidé, il ne votera pas.



Ce propriétaire de restaurant est l'un des 1,4 million d'Arabes vivant en Israël, pris en étau entre leur identité palestinienne, un Etat juif dont ils sont citoyens, et les appels d'extrémistes israéliens au "transfert".

"C'est seulement la guerre, la guerre, et encore la guerre. Tous les deux ans, Israël part en guerre, et des enfants et des innocents sont tués (...) à Gaza, au Liban", lâche-t-il, en colère.

"Et maintenant, ils me demandent d'aller voter? Comment pourrais-je voter?", s'insurge Issa, assis à une table de son restaurant à Nazareth, la plus grande ville arabe israélienne de Galilée (nord).

Les Arabes israéliens sont les descendants des 160.000 Palestiniens restés en Israël après sa création en 1948. Ils représentent 20% de la population. Le parlement compte neuf députés arabes israéliens.

"Ce sont les élections de la revanche. Pas par le sang, mais par la démocratie", explique Cheikh Ibrahim Sarsour, candidat du Mouvement arabe pour le changement, un courant islamique modéré.

"Dans 30 ans, nous représenterons 45 à 50% de la population totale, c'est une bombe à retardement démographique pour Israël", déclare-t-il dans son bureau de Kfar Kassem (nord-est de Tel-Aviv).

"Nous sentons que notre existence physique est réellement menacée", explique-t-il, évoquant la menace du "transfert" des Arabes hors d'Israël.

Un des principaux avocats du "transfert" est Avigdor Lieberman et son parti Israël Beitenou, crédité de quelque 17 députés (sur 120) dans les sondages. Il pourrait faire partie de la prochaine coalition gouvernementale.

Sa cote a bondi pendant la guerre dans la bande de Gaza, durant laquelle des milliers d'Arabes israéliens ont manifesté, notamment aux cris de "Hamas, nous sommes derrière toi", en référence au mouvement islamiste qui contrôle ce territoire.

M. Lieberman a également tenté de faire interdire deux partis arabes, les accusant de ne pas reconnaître Israël.

Mais M. Sarsour s'inquiète d'abord de la faible motivation des Arabes pour ces élections. Leur taux de participation était de 90% dans les années 50, de 62% en 2003, et de 56% en 2006 dont 30% ont voté pour des partis sionistes.

"Nous travaillons dur pour que plus d'électeurs aillent aux urnes", explique le candidat.

Mais les efforts pour tenter de réunir les candidats sur une seule liste ont échoué en raison de luttes intestines.

De plus, le parti les Fils de la Patrie a rejoint l'appel au boycottage de la branche radicale du Mouvement islamique, ce qui représente une perte potentielle d'environ 10% de cet électorat.

Hanine Zohbi, candidate de la liste l'Assemblée nationale démocratique, craint que le taux d'abstention n'augmente encore cette année.

"Nous faisons tout notre possible pour ne pas perdre de voix", déclare-t-elle.

Dans un café de Kfar Kara, un village proche d'Oum el-Fahem (centre) --bastion de l'islam radical en Israël-- Mouhran Azab, 24 ans, semble indifférent à tout ce débat.

Votera-t-il ? "Je ne pense pas", répond-il. "Je n'ai jamais voté, alors pourquoi maintenant ? Je ne connais pas les députés arabes. Et je ne pense pas que mes amis voteront non plus".

source: http://www.lematin.ch/flash-info/monde/defiance-colere-arabes-israeliens-hesitent-voter

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