Droits historiques d'Israël sur sa capitale qui ne datent pas d'hier

Publié le par mais_si

ERREURS ET OMISSIONS D'UN RAPPORT SUR JERUSALEM

ETABLI PAR L'UE

 

Par Nadav Shragal, journaliste à Haarretz depuis 1983, auteur de plusieurs esssais dont Jerusalem: The Dangers of Division - An Alternative to Separation from the Arab Neighborhoods (Jerusalem Center for Public Affairs, 2008),

JCPA- Institut des Affaires contemporaines- Vol. 8, No.26  -  2 Avril 2009

Traduit et adapté par Albert Soued, écrivain, http://alres.club.fr pour www.nuitdorient.com

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Résumé-conclusions

1. Etabli en décembre 2008 et récemment parvenu aux média, le document européen sur Jérusalem est non équilibré et il ignore totalement les droits légaux et historiques d'Israël sur sa capitale.

2. L'offensive européenne se réfère principalement à la Cité de David, au-delà du Mur méridional et de la porte des Immondices, endroit ayant été identifié par les archéologues et les historiens comme la capitale du roi David, il y a 3000 ans. Les fouilles archéologiques ont commencé sous l'empire ottoman, se sont poursuivies sous le mandat britannique et ensuite également sous la souveraineté israélienne.

3. Il y a une vingtaine d'années, une vague de constructions illégales a commencé sur ce site, provoquant de significatifs dégâts, parfois irréversibles, aux vestiges archéologiques. La municipalité de Jérusalem offre aux résidents délinquants une généreuse compensation avec un terrain ailleurs dans la ville.

4. Au moins depuis 1864, soit durant les 150 dernières années, Jérusalem a toujours eu une majorité juive. Selon la loi internationale, la situation de Jérusalem provient du Mandat britannique, où la Ligue des nations a reconnu "le lien historique entre le peuple juif et la Palestine" et a demandé "l'établissement d'un foyer national pour le peuple juif en Palestine"

5. L'accord d'armistice de 1949 entre Israël et la Jordanie ne fixe pas de frontières définitives entre les parties, mais seulement les lignes de démarcation militaire, à l'issue du conflit de 1948. A la demande de la partie arabe, cet Accord stipule qu'il n'est pas destiné à prédéterminer les droits d'aucune partie dans la résolution du conflit. En d'autres termes, lors de l'éclatement de la Guerre des six Jours, les lignes de 1967 n'avaient aucun statut diplomatique.

6. En 1967, Israël avait accepté que l'organisme religieux "Waqf Musulman" gère la zone du Mont du Temple, dans l'espoir que cette attitude permettrait de prévenir un conflit inter-religieux, à un endroit considéré comme très sensible sur le plan mondial. Il est évident qu'il s'agissait de la part d'Israël d'une énorme concession, qui n'est pas reconnue comme telle. En agissant ainsi, Israël a souligné son intention d'assurer le libre accès à tout membre de toute religion à l'ensemble des Lieux saints de Jérusalem.

 

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Un document interne de l'UE (Union européenne) sur Jérusalem, préparé par les ambassadeurs européens à Tel Aviv en décembre 2008, est parvenu aux médias en mars 2009, livré par "Le Comité Israélien contre les démolitions d'habitations". Le rapport du chef de la mission européenne à Jérusalem-Est accuse le gouvernement israélien de "poursuivre activement l'annexion illégale de Jérusalem-est, notant que ces actions israéliennes ne pourront que rendre plus difficile toute concession éventuelle dans cette ville". Le rapport affirme qu'il y a aujourd'hui 190 000 israéliens implantés à Jérusalem-est, en plus des 96 000, regroupés dans les larges blocs d'implantations qui entourent Jérusalem, comme Givea't Zeev, Goush Etzion et Maa'lé Adoumim.

Partial et manquant d'objectivité, ce document ignore les droits légaux, nationaux et historiques d'Israël sur sa capitale, droits qui ne datent pas d'hier. De même, ce document montre une indifférence extrême aux liens évidents et visibles, vieux de 3000 ans entre le peuple Juif et la ville de Jérusalem. Avec les Lieux Saints, la Vieille Ville, la Sainte Vallée ou la Vallée du Roi (E'meq Hamelekh) et le Mont du Temple, l'état d'Israël, état du peuple Juif a exercé ses droits en accord avec les principes légaux et a cherché à ancrer le statut de la ville comme la capitale unifiée d'Israël.

 

La cité de David, un trésor historique

 

L'attaque de l'UE contre les activités israéliennes à Jérusalem concerne principalement la Cité de David, connue également sous le nom du village arabe de Silwan, et située juste au sud des murs de la vieille Ville, au-delà de la Porte des Immondices. Cet endroit a été identifié par les archéologues et les historiens comme la capitale du roi David, il y a 3000 ans. Fils de David, le roi Salomon a établi le 1er Temple sur le mont Moriah, où Isaac a été ligaturé pour un sacrifice, endroit connu aujourd'hui comme le Mont du Temple. Les fouilles archéologiques ont commencé sous l'empire ottoman, se sont poursuivies sous le mandat britannique et ensuite également sous la souveraineté israélienne, découvrant des vestiges de la vie Juive et des objets provenant de diverses époques anciennes. Les fouilles en ce lieu ont reçu les éloges et l'estime de la communauté archéologique du monde entier.

On a accusé Israël de fouiller sous les maisons palestiniennes, les mettant en danger. Ceci est de la pure désinformation. Une partie des fouilles sont en effet effectuées sous des maisons habitées par des arabes, mais également sous des maisons habitées par des Juifs, sans jamais avoir constaté ni protestation ni dégât.

Le Jardin du Roi (al Boustane) est une zone contigüe à la Cité de David, décrite dans les livres de Néhémie et dans l'Ecclésiaste, comme dans d'autres sources historiques. Les érudits, les visiteurs et les pèlerins attribuent cette zone aux Rois David et Salomon. Il y a environ 20 ans, la ville de Jérusalem avait réparé le système de drainage des eaux dans cette zone, car chaque hiver elle se transformait en un étang d'eaux stagnantes où les moustiques et d'autres insectes pullulaient.

 

Des constructions nouvelles palestiniennes envahissent le site archéologique

 

La décision d'Israël de drainer les eaux stagnantes eut comme conséquence une vague de nouvelles constructions illégales sur le site appelé le Jardin du Roi. Alors que comme tout citoyen israélien, les résidents arabes de Jérusalem peuvent obtenir des permis de construire, Jérusalem-Est s'étend par des constructions sans permis, à grande échelle. Souvent les constructions sont effectuées sur des terrains publics (par exemple, clinique, parc, site archéologique...). Pour faire face à cette prolifération illégale dans la Cité de David, la municipalité a émis 88 ordres de démolition en 2000. Témoignant devant la Knesset l'an dernier, Joshua Dorfman, directeur général de l'Autorité des Antiquités, a estimé que les constructions illégales avaient provoqué des dégâts significatifs, souvent irréversibles aux vestiges antiques. Pourtant on n'a pu procéder qu'à un nombre limité de démolitions.

La municipalité de Jérusalem insiste aujourd'hui pour aller au bout des ordres de démolition. Comme cela est devenu un sujet sensible du fait des interférences internationales, elle offre aux résidents délinquants une compensation généreuse incluant un terrain à un autre endroit de la ville. Soutenus par des "groupes idéologiques" et par l'Autorité Palestinienne, les résidents arabes ont refusé l'offre et se sont engagés dans une campagne d'incitation contre les autorités de l'état et leur volonté d'appliquer la loi. Le Comité de la planification de la ville a refusé en mars dernier une proposition des résidents de "blanchir" les constructions illégales. Le maire Nir Barkat explique: "Il s'agit d'un site stratégique sur le plan international qui doit être ouvert au public. J'aimerais écouter ce que dirait le maire de New York Michael Bloomberg, si on construisait illégalement à Central Park. Devra-t-il renoncer à Central Park pour laisser ces constructions sauvages ?

 

Le retour juif à la Cité de David

 

Dans le rapport on trouve aussi un autre prétexte pour attaquer Israël, le retour juif à la cité de David. Quelques dizaines de familles juives ont acheté à prix d'or et légalement des maisons à des résidents arabes et ils vivent aujourd'hui dans cette zone. Personne n'a obligé les propriétaires à vendre leurs biens et à faire des profits substantiels. Les ventes ont été effectuées par des individus libres et, souvent, vidéos à l'appui afin d'éviter toute contestation ou plainte d'un quelconque groupe mû par des motifs politiques.

Le renouveau de l'installation de juifs dans la Cité de David est lié à l'histoire et aux liens religieux et culturels. Les relations entre résidents arabes et juifs sont raisonnablement amicales, tant qu'il n'y a pas intervention d'éléments politiques extérieurs pour les perturber. La police confirme que depuis l'installation de résidents juifs, la criminalité et les incidents nationalistes ont sérieusement décru.

 

Le revirement problématique de la politique de l'UE concernant Jérusalem

 

Le rapport en question n'est pas apparu dans un vide diplomatique. En fait il ne fait qu'illustrer un changement problématique de la politique européenne à l'égard de Jérusalem qui a commencé en 1999. A l'époque, l'ambassadeur allemand en Israël avait proposé de re-diviser Jérusalem, en faisant revivre la résolution 181 de l'Onu de 1947, établie avant qu'Israël ne soit envahi par les armées des pays arabes en 1948, lors de la guerre d'indépendance. En fait la résolution 181 ne propose pas que Jérusalem doit divisée, mais plutôt rendue internationale, devenant un "corpus separatum". Cette proposition avait été déclarée nulle et non avenue par David Ben Gourion, premier 1er ministre.

La résurrection diplomatique de cette idée qui dénie à Israël toute souveraineté sur sa capitale unifiée a encouragé le rejet palestinien de tout lien juif à Jérusalem. Le négociateur Ahmed Qorei avait dit à l'époque dans le journal officiel palestinien Al Ayam "La lettre de l'UE affirmae que Jérusalem, ouest et est, est un territoire occupé"

 

Les droits d'Israël sur Jérusalem

 

Selon le nouveau document de l'UE "la politique européenne sur Jérusalem est basée sur les principes énoncés par la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l'Onu" – cette résolution a été rédigée après la guerre de défense dite Guerre des six Jours, en juin 1967 et approuvée unanimement le 22/11/1967. En aucun endroit cette résolution ne mentionne Jérusalem. De plus, dans sa version anglaise qui fait foi, elle insiste sur un retrait de "territoires", "à des frontières sûres et reconnues". Rétrospectivement l'ambassadeur américain aux Nations Unies en 1967, Arthur Goldberg écrivait: "Je n'ai jamais décrit Jérusalem comme un territoire occupé… la résolution 242 ne se réfère en aucun cas à Jérusalem, et cette omission est délibérée"

Dans ce contexte, il faut rappeler qu'entre 1948 et 1967, pendant la gestion jordanienne de Jérusalem, en contravention avec les obligations légales internationales, la Jordanie a refusé l'accès aux Juifs du Mur Occidental, du Mont des Oliviers (cimetière juif) et de tous les lieux saints juifs sous son contrôle.

Plus de 50 synagogues du quartier Juif de la Vieille Ville ont été détruites ou désacralisées, et des centaines de tombes juives détruites au Mont des Oliviers. La réunification de Jérusalem en 1967 a restauré la liberté de culte à l'ensemble des résidents quelle que soit leur foi.

Le rapport de l'UE sur Jérusalem ignore aussi la progression historique des droits Juifs et de leur antériorité dans la ville. Au moins depuis 1864, soit durant les 150 dernières années, Jérusalem a toujours eu une majorité juive. Selon la loi internationale, la situation de Jérusalem provient du Mandat britannique, où la Ligue des nations a reconnu "le lien historique entre le peuple juif et la Palestine". La Ligue des Nations ne distingue pas les droits juifs sur Jérusalem et leurs droits sur les autres parties de la Palestine.

En 1950 la Knesset a établi Jérusalem comme capitale de l'état d'Israël. L'armistice signé un an olus tôt avec la Jordanie ne fixe pas les frontières entre les parties, mais seulement les lignes de démarcation militaire, à l'issue du conflit de 1948. A la demande de la partie arabe, cet Accord stipule qu'il n'est pas destiné à prédéterminer les droits d'aucune partie dans la résolution du conflit. En d'autres termes, lors de l'éclatement de la Guerre des six Jours, les lignes de 1967 n'avaient aucun statut diplomatique.

Le 5 juin 1967, le 1er ministre Lévi Eshkol a envoyé un message au roi de Jordanie Hussein lui précisant qu'Israël n'attaquerait pas la Jordanie, à moins que celle-ci ne l'attaque. La Jordanie a néanmoins attaqué Israël sur la frontière entre les 2 parties de la ville. Israël a libéré la vieille ville lors de la guerre qui a suivi et la Knesset a appliqué la loi israélienne et son autorité sur la partie orientale de la Ville.

En même temps, dans une concession sans précédent en diplomatie contemporaine, Israël avait accepté que l'organisme religieux "Waqf Musulman" gère la zone du Mont du Temple, dans l'espoir que cette attitude permettrait de prévenir un conflit inter-religieux, à un endroit considéré comme très sensible sur le plan mondial. Il est évident qu'il s'agissait de la part d'Israël d'une énorme concession, qui n'est pas reconnue comme telle. En agissant ainsi, Israël a souligné son intention d'assurer le libre accès à tout membre de toute religion à l'ensemble des Lieux saints de Jérusalem.


Source, pour cliquer sur les liens : http://www.nuitdorient.com/n178.htm

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